Je regarde aller la campagne électorale, profondément troublé, parce que nous sommes devenus comme nation.

D’un côté, on tente de définir ce qu’est un vrai québécois. De l’autre, on tente d’établir de nouveaux critères d’admission pour l’immigration.

Un Québécois, c’est un citoyen qui possède un passeport canadien et qui a son lieu de résidence au Québec. Ce n’est pas une affaire de langue ou de culture.

Avant, on ne se posait pas la question car nous vivions dans un Québec blanc et catholique. Cette époque est révolue depuis fort longtemps.

L’immigration avec le temps, a vu sa vocation se transformer profondément. De terre d’accueil humanitaire, elle est devenue une sorte d’agence de placement de main-d’œuvre, pour pallier au faible taux de natalité, phénomène qui torpille une société qui se veut en croissance et qui doit continuer à faire fonctionner un système qui comprend d’importantes pensions de vieillesse, entre autres.

Est-ce que, comme québécois, je préférerais entendre parler français partout? Est-ce que, comme québécois, j’aimerais voir nos plateformes culturelles inondées de Charlebois, Vigneault, Rivard et compagnie? Bien sûr que oui. C’est la culture que je connais et celle dans la laquelle j’ai été élevé. Il s’agit de moi et non du Québec en 2026.

Quand je vois le parti d’Éric Duhaime remettre en question le statut de demandeur d’asile et quand je vois le Parti québécois souhaiter couper dans les seuils d’immigration, mais en même temps, offrir des bébés bonus, je trouve qu’il s’agit là d’une curieuse ingénierie démographique.

Le Québec a décidé de ne plus faire d’enfants. C’est un choix de société et si, pour faire fonctionner celle-ci, on doit combler le manque à gagner avec de nouveaux arrivants, nous leur devons au moins l’équivalent de ce qu’ils nous apportent sans quoi notre société ne fonctionnerait plus vraiment.

Qui voudra profiter des bébés bonus de Paul Saint-Pierre-Plamondon? Fort probablement les nouveaux arrivants pour qui la famille a une symbolique et une signification différente de celle des Québécois de souche en 2026. Ira-t-on jusqu’à refuser la mesure si vous n’habitez le Québec que depuis 2 ans et que votre français n’est pas tout à fait au point? J’espère que non.

On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. On ne peut pas dire: vous arrivez ici, vous allez vivre, penser et parler comme nous. Un immigrant est un actif réel pour notre société. Il n’a pas à se sentir en dette culturellement et linguistiquement. C’est à nous à rendre notre culture attrayante, loin de toute stratégie coercitive.

Nous vivons dans ce que l’on appelle le monde libre, l’Occident, où tous devraient pouvoir s’exprimer, et vivre leur vie comme ils où elles l’entendent, qu’il s’agisse de la langue parlée ou de la religion pratiquée à la maison, de l’orientation sexuelle ou des opinions politiques, dans la mesure où les lois sont respectées.

Il n’est pas question de coloniser nos propres citoyens car le modèle dont certains veulent s’inspirer n’existe plus, étant plutôt une nostalgie qu’une réalité. Je suis le premier à me désoler du recul du français mais c’est un choix que nous avons fait. Soutenir notre croissance a un prix. Bienvenue en 2026. Vive le Québec libre pour tous et toutes. Nous avons tout fait pour éviter notre assimilation au sein du Canada. Rappelons-nous en quand nous désirerons faire de même avec nos nouveaux arrivants.

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