«La crise de la solitude masculine est une bonne nouvelle, car elle est la preuve de l’affranchissement des femmes. Les hommes, lorsqu’ils se sentent seuls, se radicalisent, deviennent fascistes. Ils insultent les femmes sur les réseaux sociaux. Ils fabriquent des deepfakes, ils utilisent l’intelligence artificielle de toutes les manières inimaginables pour nous agresser»
Hé bien…
J’ai fait connaissance avec Élizabeth Lemay de cette façon hier à l’émission « De l’huile sur le feu » à ICI Radio Canada. À moins que ce soit un stunt pour faire parler d’elle, je crois qu’elle en a gros sur le coeur à l’égard des hommes. Évidemment que chez les descendants d’Adam, il y a du mauvais, beaucoup, même. De façon généralisée? Non. Ce que j’ai entendu de sa diatribe à notre égard – oui car elle semble tous nous mettre dans le même panier – me fait me demander où on s’en va avec tout ça. À la veille d’industries qui n’auront bientôt plus besoin ni des hommes ni des femmes pour concevoir et manufacturer des enfants, les deux sexes devraient-ils maintenant faire chambre à part?
La solitude des hommes – et c’est documenté – vient du fait que les femmes ont atteint une autonomie financière leur permettant de s’affranchir de ces derniers. Bravo! Ça en dit en long sur les raisons qui les faisaient rester avec nous avant. Est-ce que les hommes seuls ont su se réorganiser? Plus ou moins. Ils sont en transition. Avec les applis en ligne – et c’est également documenté – les hommes doivent maintenant se faire valoir uniquement par leur beauté et leur statut social. Avant, ils avaient d’autres moyens pour montrer de quel bois ils étaient faits. On voyait le prétendant travailler au champ ou démontrer ses valeurs dans son comportement au village. Aujourd’hui, le peu joli qui fait 50 000$ par année et moins ne vaut rien pour la majorité des femmes recherchant l’âme soeur.
Évidemment que le gars est frustré. Évidemment qu’il se sent dévalorisé et évidemment qu’il a et aura toujours des pulsions sexuelles. Il est dans un cul-de-sac et prendre un bain avec des chandelles ou regarder un film avec Julia Roberts ne guérira pas son mal qui le ronge.
L’homme moyen a de moins en moins de buts dans la vie. Le éléments les plus touchés se radicaliseront, feront preuve de misogynie et en voudront aux femmes. Ces comportements méritent d’être punis de façon sévère.
Madame Lemay s’en prend même à l’industrie des poupées sexuelles réalistes, une industrie de 31 milliards de dollars (environ 2000$ l’unité) où les hommes désactivent même la parole chez le gadget. Évidemment, elle n’abordera pas l’industrie des vibrateurs (27 milliards prévus en 2026) où à 50$ en moyenne, la poupée de monsieur n’a aucun poids démographique comparé au cylindre de joie de madame. Et celui-ci ne parle pas… il ronronne.
C’est un peu ça, finalement. L’homme doit obéir, se plier à la vision de madame, l’appuyer, s’oublier et surtout, ronronner.
Étant loin de tout ça dans ma vie personnelle, j’observe les camps s’affronter comme des groupes extrémistes dans un pays d’Afrique où, de tous les arguments, se dégage un dénominateur commun.
Le contrôle.
Il est là le mal qui ronge la société. On veut contrôler l’autre en plus de contrôler totalement sa vie, n’en déplaise à une certaine interdépendance qui faisait fonctionner l’écosystème.
On doit alors le repenser, redéfinir les rôles, affranchir les hommes seuls des femmes qui ne veulent plus d’eux. Y’a le sport, le travail, le jeu, la cuisine, les spectacles.
Ça m’a pris une éternité à m’affranchir de ma mère. J’étais convaincu que sans femme, je n’étais rien et ce, depuis l’âge de 3 ans. À un moment donné, on en revient, on réalise que la liberté, c’est l’indépendance. Plus tard, on fait vie commune avec quelqu’un qu’on aime. Pas de qui on dépend ni qu’on veut contrôler. Juste de l’amour. Celui-ci ne compte pas les fois où l’autre a payé plus ou aimé plus. On est avec une entité, pas un sexe avec un tas de règles culturelles à respecter. On est dans le respect, le vivre-ensemble, les rires, la tendresse et les projets. On accepte l’autre tel qu’il ou elle est. C’est à ce moment-là qu’il ou elle nous donnera tout et vice versa.
Mais à ce jeu, y’a pas de gagnant, notre égo reste assoiffé et quoi de plus insécurisant qu’un partage du contrôle?
Je ne juge pas madame Lemay. Elle a ses opinions qui représentent peut-être la somme de ses expériences. Dommage. Je lui souhaite tout le bonheur du monde et nous souhaite à toutes et à tous la paix sincère et durable.
C’est la seule façon d’avancer, si on veut coexister, évidemment.