Mettre ses oeufs dans le même panier ou tramway semble être le leitmotiv de l’administration municipale de Québec. On est soudainement rigoureux au niveau de la gestion, dit notre maire, en parlant des prochaines coupures dans les services aux citoyens.

Pourtant…

Plus de 5,4 millions de dollars ont été dépensés depuis 2018 juste pour « vendre » le projet de tramway aux citoyens de Québec. Ça représente le coût d’entretien de 20 patinoires extérieures pendant 9 ans! Avec un taux d’acceptabilité sociale à moins de la moitié de la population de Québec, ce sont les patinoires qu’on va couper et non la propagande car on n’a pas fini de nous convaincre, côté tramway.

On sabre dans les services aux citoyens mais on ne coupe pas dans les sandwichs et les bulles avec une cérémonie d’assermentation de quelques heures qui a coûté près de 40 000$. Une patinoire et un tiers pendant un an.

On va fermer René-Lévesque, de l’université jusqu’à la colline parlementaire. Tout le trajet ne sera évidemment pas occupé par les travailleurs. Qu’à cela ne tienne, on va nous habituer tout de suite à ne plus avoir de rue, ça va être ça de gagné. Mais dites-moi, quand, à l’heure de pointe, il y aura un accrochage sur chemin Ste-Foy et sur Laurier – car ça arrivera, surtout quand les gens sont impatients, victimes de trajets deux fois, voire trois fois plus longs, où iront les automobilistes?

Une fois tous les arbres abattus et des citoyens qui n’auront littéralement plus de terrain devant leur propriété, de quoi aura l’air ce qui restera de disponible pour les automobiles, les vélos et les piétons? Si on se fie à la rue St-Olivier, où un piéton peut décider de marcher devant une automobile, retardant tout le monde au nom de la survie de la planète, le vivre ensemble sur René-Lévesque promet.

J’habite sur le chemin Ste-Foy dans le quartier St-Sacrement. Depuis la piste cyclable, le traffic a augmenté de façon considérable. Je n’ose pas imaginer la situation quand René-Lévesque n’y sera plus. Avec l’interdiction de tourner à gauche sur la côte St-Sacrement, le boulevard de l’Entente qui est déjà congestionné de la côte au Cégep aux heures de pointe sera un enfer. On va se faire emboucaner pas à peu près mais la priorité sera plutôt de chasser les propriétaires de foyers… ça c’est grave!

Et est-ce que le maire prend des notes en regardant Montréal? La métropole a un REM avec voie dédiée et c’est toujours brisé. Quelle assurance aura-t-on que le tramway remplira ses promesses au niveau de son rendement? Aucune. Dans ce genre de mégaprojet qui va mettre des entreprises très riches, on priorise la réalisation bien souvent sans se soucier de l’entretien et de la fiabilité. Ça, ce sont d’autres contrats. Vous savez, le stade olympique, SAAQclic? Même modèle d’affaires. Les entreprises trouvent ça « EXTRA » ! Hahahaha!!!

On l’a vu avec la saga de l’Académie St-Louis, le maire de Québec n’est pas le maire de tous les citoyens. Il est le maire des gens qui pensent comme lui. Les autres, on ne s’empêchera pas de vivre, encore moins de rêver pour eux.

Tenez-vous le pour dit. Des projets qui n’ont pas l’assentiment d’une majorité de la population ne sont même pas réalisés dans le respect et la considération de tous. Ils voient le jour, en sacrifiant les uns au bénéfice des autres, comme si nous n’étions que de vulgaires pions sans importance. Les élus se croient investi d’une raison supérieure et au pire, on n’aura qu’à dire qu’on s’est trompés. Ça coûte cher de relations publiques mais ça vaut la peine. L’amour est aveugle. Le tramway vous rend sourd en plus.

Tsé, quand c’est pas ton argent.

Oui, des pions nous sommes. C’est dangereux, une administration qui se croit ainsi au-dessus de la mêlée et qui croit surtout que les jeunes regarderont un terrain vague enneigé en se disant : on n’a peut-être plus de patinoire extérieure mais on va avoir un beau tramway dans 7 ans! Quel bonheur!

Dream on!

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