Mark Carney vient de s’entendre avec la Chine. On devrait finalement voir des véhicules électriques made in l’empire du milieu sur nos routes sous peu. Évidemment, les 125 000 employés du secteur automobile crient au scandale, de peur que ce nouveau joueur n’érode leur sécurité d’emploi.
La mairesse et les gens d’affaires de Montréal somment le gouvernement de mettre fin le plus possible au télétravail et d’imposer à nouveau des heures de trafic aux travailleurs, en plus de toute la pollution générée par celui-ci pour les ramener au bureau et sauver le centre-ville.
Pourtant, 20 000 graphistes et environ 175 000 professionnels de la culture se font licencier graduellement et continuellement par l’IA, utilisé par la communauté d’affaires et personne ne dit rien.
Le cadre supérieur d’un fabricant automobile fait faire ses présentations et ses rédactions par l’intelligence artificielle. Ça lui a permis, dit-il fièrement, de retrancher 3 emplois!
Le restaurateur a fait faire son identification visuelle, son menu et son site web par l’IA. Pas le choix, on doit couper dans les coûts fixes.
Par contre, tapez-vous du trafic et une piètre qualité de vie pour sauver ceux qui se passent maintenant de vous volontiers. Payez le gros prix pour votre voiture pour sauver des emplois. Ils sont tellement plus importants que les vôtres.
La désertification dans les domaines de la culture, des communications et voire même, de certains postes en informatique est en cours. Remplacé par la machine, c’est la fin du « monde » dans de nombreuses parties de l’écosystème économique.
Qu’aura l’air l’économie quand 25% des professionnels seront au chômage? Qui consommera? Qui aura les moyens d’une nouvelle voiture, d’une maison ou d’un voyage?
Pendant que les xénophobes parlent de grand remplacement en désignant les immigrants comme responsables de nos malheurs, la machine, en silence, distribue les licenciements comme un croupier donne ses cartes au Poker. Mais y’a pas de bluff. C’est réel et c’est chacun pour soi.
Il y a 13 ans, je fus l’un des premiers contractuels d’un quotidien de Québec à faire les frais de nouvelles compressions. Le président du syndicat de l’époque était venu me voir, rempli de philosophie, intellectualisant ce qu’il appelait une nouvelle réalité économique dont je faisais les frais. Je l’ai regardé, tout sourire, en lui disant que je le trouvais bien intéressant et de ne surtout pas oublier ce qu’il me racontait car ils étaient les prochains à y passer. Il m’a regardé, aussi incrédule que pris d’un fou rire. Il n’a pas ri longtemps.
L’IA va remplacer les avocats, les médecins, les notaires, les architectes et probablement les juges. Pas demain matin, là mais bientôt. Notre soif de productivité et de profit aura eu raison des gens.
Un jour, la machine n’aura tout simplement plus besoin de nous tout court.
Ça promet.