La rhétorique, comme les actes, ont fait un pas de plus. Le monde, tel qu’on le connaissait, n’existe plus. La bande à Donald entretient un nouveau narratif. Les spécialistes des communications de la Maison Blanche parlent maintenant d’hémisphère Ouest du globe pour définir le nouveau terrain de jeu des États-Unis. On est à un cheveu de l’établissement d’un empire américain. Les USA et les différents Reichs allemands ont plusieurs similitudes : Les ambitions impérialistes de Bismarck et un pays qui avait décidé qu’un groupe ethnique était la source de tous ses problèmes.

Stephen Miller, proche conseiller du président n’y va pas par quatre chemins. L’important, ce sont les intérêts des USA car au-delà des traités (qui n’ont aucune valeur à ses yeux), le monde a toujours été dominé par les plus forts et les plus forts ici, ce sont eux. Ils établissent les règles et ont droit de regard sur toute richesse continentale et surtout, interdisent aux dirigeants des « futurs états américains » de vendre leurs ressources à des gens que le vaisseau-mère ne blaire pas.

Impérialisme, 1984, totalitarisme, colonialisme… name it. On vient de jeter aux poubelles la diplomatie et le droit international en quelques mois. Trump est tellement menaçant pour la souveraineté de territoires continentaux que Vladimir Poutine a presque l’air d’un Pee-Wee avec son invasion de l’Ukraine.

Que ferons-nous ici? Car notre tour viendra. Potasse, électricité, pétrole, métaux rares, notre froid pour les data centers et… l’eau! On nous interdira d’exporter vers la Chine ou l’Europe. Comme sous l’emprise d’un mafieux racket, on devra obéir et vendre à leurs conditions sous peine d’être envahis et annexés. J’ai l’impression de me trouver dans une machine à remonter le temps, à l’époque médiévale des royaumes et de ses seigneurs sanguinaires.

Rien n’a changé, finalement. L’humanité compte à peine dans l’équation. Vous savez, le kidnapping de Maduro et de sa femme a coûté la vie à au moins 100 personnes, des agents… mais aussi des maris, des pères, des gens qui gagnaient d’abord leur vie, bien au-delà de la politique. On tue, on terrorise. Ça devient une journée comme les autres.

L’Amérique, hors USA, est prise en otage. Les médias regardent ça comme un film. Ça génère des clics, c’est ce qui compte. Un beau matin, ils n’auront plus le droit de rien publier de ce qui ne sera pas aligné avec la position du gouvernement central. Et même à l’intérieur du pays, une Gestapo appelée ICE va se charger de vous mettre au pas, que vous soyez immigrant illégal, juste pas de la bonne couleur ou tout simplement une mère de famille de 37 ans paniquée, qu’on « calme » avec une balle dans la tête.

Ça va mal.

Les gens continuellement démobilisés et désolidarisés depuis l’apparition du Walk-Man, seront divertis, brainwashés et probablement tenus en otage par un système de revenu garanti, les deux tiers de la population ayant perdu leur emploi « grâce » à l’IA. Et ceux qui oseront se lever et parler, seront étiquetés de gauche radicale organisée, de menace terroriste domestique.

Finalement, Maduro, l’a-t-on fait venir aux USA pour avoir avoir son expertise en dictature? Je commence à le croire car nos voisins du sud sont maintenant à la porte de celle-ci.

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