Il est passé de la parole aux actes. Donald Trump a poussé encore plus loin son mépris du droit international, comme du congrès américain et du conseil de sécurité de l’ONU, en prenant le contrôle du Vénézuéla ce samedi.
Y ramener la démocratie? Pas nécessaire si le pays lui donne accès à son immense réserve de pétrole lourd. Il en ajoute même un couche en disant que cet or noir appartient de facto aux USA à cause des investissements faits par l’industrie dans les 100 dernières années. Mais du même souffle, il déplore la piètre qualité des infrastructures existantes.
L’épouse du conseiller à la Maison Blanche Stephen Miller, tant qu’à être partis, affichait sur X une image du Groenland couvert du drapeau américain, soulevant l’ire du Danemark et du Premier ministre Groenlandais.
Le bal colonial est redémarré et Donald va aller jusqu’au bout. De quel bout on parle? Ça dépend de la patience de la Chine et de la Russie, voire même de l’Europe.
Trump est un entrepreneur qui a prouvé à maintes reprises qu’il avait les yeux plus grands que la panse. Pas moins de 6 fois depuis 1991, l’homme d’affaires a dû déposer son bilan et déclarer faillite ou céder ses actifs. Et curieusement, la majorité de ses déboires l’ont été concernant ses investissements dans les casinos.
L’homme a le profil typique du joueur compulsif. Il joue jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus rien. C’est ça qui fait peur. Car dès qu’il gagne, il mise encore et encore, ignorant la sage maxime « Take the money and run ».
Il a commencé par insulter des chefs d’États, a ensuite fait assassiner un général iranien, a foutu un peu le bordel dans le conflit ukrainien en plus de souhaiter un club Med à la place de Gaza. S’en est suivi un bal d’intimidation envers le Canada, le Groenland et le Mexique, en plus du Vénézuéla, de Cuba et de la Colombie.
Selon la Fondation Bertelsmann en 2024, il y avait 74 autocraties contre 63 démocraties sur 137 pays étudiés, marquant une augmentation des régimes non-démocratiques dans le monde. Beaucoup de ceux-ci sont des fournisseur de l’occident en métaux rares, en pétrole ou en main-d’oeuvre à bon marché. La plupart ne dérangent pas Donald car c’est ce climat politique qui fait que c’est rentable pour son Amérique.
Les pays qui tentent de rentabiliser leurs ressources eux-mêmes… c’est plus compliqué. Le Chili, Cuba, l’Iran, l’Irak et le Vénézuéla, plus récemment, ne survivent pas longtemps à l’écart du joug colonialiste américain.
Il y a deux sortes de dictateurs : les bons dictateurs, qui acceptent de danser avec l’oncle Sam et les mauvais dictateurs qui ont décidé de danser en solo.
Dans les deux cas, les droits fondamentaux des citoyens sont bafoués. Ceux-ci doivent se soumettre ou devenir de la chair à canon pour garder un statu quo difficilement acceptable pour quiconque y passerait une semaine. Et y’a les immigrants, ceux qui échappent à ce système, soigneusement mis en place par les coloniaux et qui affluent aux postes frontières, avides d’une liberté qui ne devrait jamais être un privilège.
Est-ce au Groenland que Donald va déclarer faillite ou au Canada… ou plus loin encore?
C’est à suivre avec intérêt… et une bonne dose d’inquiétude.